Pourquoi les luttes semblent difficilement se coordonner au niveau international et d’abord européen ? État des lieux de la coordination des luttes en Europe et au Maghreb

dimanche 15 janvier 2012

La crise et la dette servent de prétexte au démantèlement des services publics partout en Europe et au-delà, l’éducation étant souvent en première ligne de la casse. En Grèce, au Portugal, en Roumanie, en Lettonie, les salaires des enseignant-es ont été soit gelés, soit diminués. En Italie, 87 500 postes doivent sauter dans les mois qui viennent. Dans chaque pays, les mêmes problématiques et une résistance dans l’Éducation qui n’est pas à la hauteur des attaques subies aujourd’hui. Comment dès lors coordonner les débuts de luttes et envisager au niveau européen une réaction syndicale digne de ce nom ? Pourquoi si peu de réactions en apparence ?

Tout d’abord parce que beaucoup de ces pays n’ont pas de syndicats de lutte ou de base. De grosses centrales cogestionnaires accompagnent allègrement le mouvement et n’ont aucun intérêt à ce que les luttes issues de la base se multiplient et se coordonnent. Toutefois, dans ces gros syndicats membres de la Confédération Européenne des Syndicats, des lignes de fracture se dessinent et certaines de leurs fédérations commencent à dénoncer l’immobilisme de leur direction. Solidaires ne doit pas rater les convergences qui pourraient en résulter. Les pays au sein desquels on trouve un syndicalisme de lutte sont essentiellement l’Italie, la France et l’Espagne. À des degrés différents, on constate d’ailleurs des efforts de convergence entre ces syndicats, c’est le cas en Espagne et en Italie, ce qui ne se fait pas sans difficultés. Dans cette optique, la fédération des syndicats SUD éducation
participe aux travaux du Réseau européen des syndicats alternatifs et de base depuis plusieurs années. Il s’agit d’abord d’un échange nécessaire d’informations sur les situations locales. Il s’agit ensuite d’acquérir une certaine visibilité auprès de travailleurs/ses européen-nes qui ne connaissent pas forcément notre type de syndicalisme et qui pourtant aspirent à davantage de résistance. Le contre-sommet du G20 à Nice à l’automne a été l’occasion de défiler sous une banderole commune pour les membres du réseau. Il est désormais nécessaire de multiplier les événements et les manifestations et de s’imposer comme l’alternative syndicale dans nos pays respectifs. L’une des difficultés est que dans chacune de ces organisations, trop peu de camarades s’engagent dans l’international, tant les urgences sur le terrain sont nombreuses...

Pour nous l’Europe ne s’arrête pas à la Méditerranée que continuent à traverser au péril de leur vie les harragas, clandestins du Maghreb. Nous avons fortement avancé la construction d’un réseau euro-maghreb avec des syndicalistes tunisien-nes, marocain-nes et algérien-nes. La solidarité continue à se construire et dans les mois qui viennent nous aurons aussi besoin du concours de ces forces qui se sont illustrées dans la résistance et la révolte particulièrement en 2011. Une rencontre de chômeurs/ses et précaires des trois pays organisée par ce réseau est prévue cet hiver, cela n’est jamais arrivé auparavant et cela marque des progrès réels dans la construction d’une résistance syndicale partout autour de la Méditerranée. Nous aurons aussi à rester vigilant-es sur ce qui se passera cette année en Algérie, nos camarades des syndicats autonomes, tel le Snapap, sont le fer de lance de la lutte pour la démocratie et ne cesseront de lutter pour déposer le président de paille derrière lequel règnent les tout-puissants généraux du Département des Renseignement et de la Sécurité, ex-Sécurité Militaire.

SUD éducation 59/62 rappelle que la commission « International » est ouverte à toutes et à tous, construisons dès maintenant la riposte internationale !


Navigation

Articles de la rubrique

Agenda

<<

2018

 

<<

Février

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627281234
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois