Un très beau Noël pour les recteurs et les rectrices !

mercredi 7 janvier 2015

LE 23 DÉCEMBRE 2014, le gouvernement a éhontément décidé d’augmenter de 10 000 € (plus de 68% d’augmentation !) la part fixe de la prime annuelle des recteurs et des rectrices !

La hiérarchie est donc récompensée pour le zèle qu’elle met à demander toujours plus aux personnels...

Cependant, et en parallèle, on apprend dans plusieurs collèges de l’académie que les enseignant-es qui se sont finalement décidé-es à participer à l’accompagnement personnalisé ne pourront pas être payé-es des heures effectué-es en ce début d’année, en tout cas dans un premier temps au moins...

SUD éducation 59/62, qui veut croire à la volonté du ministère d’utiliser ses crédits pour rendre toujours plus efficace le service public d’éducation, a une proposition à faire pour remédier à la situation et dégager des crédits utilisés inutilement : la suppression de tous les postes de recteurs et de rectrices.

Cette revendication est tout à fait sérieuse : un fonctionnement hiérarchisé est un gaspillage d’énergie et porte atteinte aux conditions de travail. Oui à une organisation autogérée du service public d’éducation !

Mise à jour du 23 janvier 2015 : le communiqué fédéral.

LE TRÈS BEAU NOËL DES RECTEURS ET RECTRICES


Par arrêté du 23 décembre 2014, les ministres chargés de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur, de la Fonction publique, et du budget ont modifié la part fixe de la prime annuelle accordée aux recteurs en sus de leur salaire déjà confortable [1] : elle est ainsi passée de 15 200 € à 25 620 €, augmentant de 10 000 € c’est-à-dire de 68 % !

Se concrétise sans doute ainsi le « geste de solidarité » des fonctionnaires « qui gagnent plus de 7 000 € par mois » évoqué par la ministre de la Fonction publique en mai 2014 lorsqu’elle a prolongé jusqu’en 2017 le gel du point d’indice en vigueur depuis 2010 (selon lemonde.fr). Ah là là c’est l’austérité pour toutes et tous… ou presque !

Les conditions de travail de ces pauvres gens sont très pénibles.

Les personnes de mauvais esprit diront que les personnels de la maternelle à l’université, hors hiérarchie, ont vu régulièrement baisser leur salaire net en euros constants et à ancienneté égale depuis 2000. Mais le rapprochement serait de mauvais aloi ! On sait bien que les agent-es techniques, administratifs/ves, de vie scolaire ou d’enseignement ont d’excellentes conditions de travail : on ouvre chaque année des postes en veux-tu en voilà pour partager le travail, les réformes allègent son organisation, les effectifs des classes et des établissements le rendent efficace et confortable, les collègues malades sont immédiatement remplacé-es grâce à des « brigades » innombrables de toutes les catégories, la hiérarchie est rationnelle, compréhensive et bienveillante, et elle a la voix douce, la précarité est absente de tous nos métiers… Nous avons des conditions de travail très agréables, nous, ce n’est pas comme nos pauvres recteurs/trices.

Ils et elles ont la lourde tâche d’assister à des réunions, voire à des cocktails, ou de s’y faire représenter, de fermer des classes et de serrer le plus fort possible les cordons de la bourse, de dire « je vous entends » sans rien faire ensuite [2], de tout faire pour appliquer des réformes dont tout le monde comprend l’ineptie, et ça c’est dur, vous comprenez…

Tiens ! Va-t-en expliquer le concept d’« éducation prioritaire » modulable, ou les « rythmes scolaires pour le bien de l’enfant », ou que « travailler pour l’éducation nationale avec un handicap c’est possible » (mais pour 1,1 % des personnels pas plus [3]), ou organiser en douce la fermeture de SEGPA, la démolition de l’enseignement professionnel ou de l’orientation… ça, c’est trooooop dur pour un petit cœur de recteur.

Merci et encore bravo, Mesdames et Messieurs du gouvernement, de votre capacité à identifier et résoudre les véritables problèmes de terrain, et à œuvrer pour améliorer le service public d’éducation.


Mise à jour du 23 janvier 2015 : le communiqué fédéral.


[1Un recteur gagne en moyenne 7500 euros par mois et bénéficie d’un logement. S’ajoute depuis 2010 une prime de serviteur zélé du prince « indemnité fonctionnelle » composée de cette part fixe récemment augmentée mais aussi d’une part modulable « en fonction de [la] manière de servir et des objectifs atteints [qui] représente 45 % du montant annuel de la part fonctionnelle » (arrêté ministériel du 12 novembre 2010, signé dans l’esprit managérial de la LOLF).

[2Malgré son engagement, le recteur de l’académie de Lille n’a répondu à aucune des questions que SUD éducation lui a posées à son arrivée

[3La réglementation impose de réserver 6 % des postes aux travailleurs/ses handicapé-es.


Documents joints

Noel recteurs/trices 23 12 14
Noel recteurs/trices 23 12 14

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