Le LSUN ou comment généraliser en douce le fichage dès le plus jeune âge

jeudi 8 juin 2017
par  permanence

Après Base-élèves et le Livret personnel de compétences (LPC), le fichage à grande échelle des élèves se poursuit avec la mise en place du Livret scolaire unique numérique (LSUN) par un arrêté ministériel du 31 décembre 2015. Selon le discours officiel il s’agit de simplifier le suivi des élèves en uniformisant les outils qui détaillent ce qui est enseigné et évalué et de le rendre plus lisible et accessible aux familles. Ce discours est mensonger.

La simplification n’est vraiment pas au rendez-vous pour les enseignant-es, poussé-es à une évaluation double, chiffrée et par compétences. De plus les items à évaluer sont très mal définis, aussi bien dans leur contour pédagogique que relativement aux temps d’apprentissage. Le LSUN alourdit encore la charge de travail sans rien apporter aux pratiques pédagogiques. Il renforce encore la possibilité de contrôle des enseignant‑es avec son lot de pressions hiérarchiques puisque les éléments travaillés sont censés être renseignés au fur et à mesure sur un outil numérique qui enregistre tout.

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Cela ne sera pas non plus simple pour les parents : en plus d’items difficiles à appréhender en raison de l’absence claire de définition des « compétences », des conversions ubuesques entre chiffrage et items pour le Brevet des collèges ou l’orientation sont mises en place. Comment croire dans ces conditions à un suivi des élèves plus accessible aux familles ?

La vérité est ailleurs : le LSUN s’inscrit dans la même logique de « profilage » ou d’invidualisation de la formation induite par la loi d’orientation et de formation tout au long de la vie du 24 novembre 2009, qui s’est beaucoup inspirée des demandes du patronat. C’est un outil pour transformer sans aucun débat l’école en machine à formater et soumettre les élèves aux demandes du marché du travail. Le LPC que nous avons combattu et qui a été peu à peu abandonné en pratique en a été la première manifestation d’ampleur. Le LSUN est le nouveau LPC, mais en pire :

- il contient des données personnelles hautement sensibles et mal protégées, comme les bilans des acquis scolaires, les attestations (ASSR, prévention), la mention des AP suivis ou des projets réalisés avec le degré d’implication, les modalités spécifiques d’accompagnement (RASED, UPE2A, PAP, PAI, PPS, PPRE, ULIS, SEGPA), et des renseignements à propos de l’assiduité et du comportement, sans qu’aucun mécanisme concret ne soit prévu pour exercer le « droit à l’oubli » ;

- il est numérisé et sera accessible à un nombre important d’institutions par croisement de fichiers via le Répertoire national des identifiants élèves (services municipaux, sociaux, police, justice, grâce aux lois du 5 mars 2007 sur la prévention de la délinquance, du 7 mars 2016 sur les droits des étranger-es, du 17 mai 2011 dite de simplification administrative) – le LSUN montre la volonté de fichage, et on peut en outre raisonnablement douter de la sécurisation des transferts d’information malgré la sensibilité des données qu’il contient et leur intérêt pour tout gouvernement attaché au contrôle social ;

- il participe de la création de l’Europass, grand projet qui vise « à aider les citoyens à exprimer clairement leurs compétences et qualifications pour trouver un emploi ou une formation et aider les autorités compétentes à définir et communiquer le contenu des programmes »… c’est-à-dire qu’il s’agit de définir l’employabilité sur le marché européen du travail et de « lever le frein des diplômes nationaux », et donc du progrès qu’ils représentent, avec les conventions collectives, pour prémunir de l’arbitraire de l’employeur/se, tant pour le périmètre du poste de travail que pour le salaire. En somme, un gigantesque Livret ouvrier futuriste se met en place.

Au lycée, les synthèses de suivi et les bilans d’évaluations sont conservés dans le dossier scolaire de l’élève (arrêté du 31/12/2015). La classe de 2nde échappe encore à la numérisation des « compétences », mais la création du Livret Scolaire du Lycée (LSL) par l’arrêté du 8 février 2016 achève le suivi complet du CP au baccalauréat… auquel les livrets de maternelle préparent.

En théorie, l’article 38 de la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978 donne aux responsables légaux des élèves un droit d’opposition à leur fichage, mais en pratique… où est l’information transparente aux familles ? Enfin, il faut savoir que toute personne qui saisit une information dans un fichier est légalement responsable s’il y a un usage mal-intentionné de ce fichier.

SUD éducation invite donc les personnels à informer les familles sur le sujet, et à décider collectivement des modalités de mise en échec de ce fichage éhonté et massif de nos élèves.

Pour plus d’informations sur le LSUN, vous pouvez :
- Diffuser ce texte sous forme de tract ci-joint dans vos établissements
- lire et diffuser le matériel de mobilisation que la fédération Sud education met à disposition ici !
- écouter une émission radio qui reprend les enregistrements du meeting anti LSUN organisé à Paris par Sud Education et la CNT


Documents joints

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Brèves

LOI TRAVAIL : motion de censure

vendredi 13 mai 2016

Une motion de censure dite citoyenne a été lancée, et Solidaires appelle à la signer massivement : http://motiondecensure.fr.

Victoire au lycée Picasso

dimanche 29 mars 2015

Le lycée Pablo Picasso d’Avion s’était fortement et unitairement mobilisé suite à l’annonce de la perte d’un demi-poste de CPE - alors que la situation du lycée rendait aberrante cette suppression décidée brutalement par le rectorat.

Les élèves et les personnels soutenu-es par l’intersyndicale CGT - SNES - SUD se sont notamment rassemblé-es devant le rectorat le jeudi 19 mars.

Un rassemblement qui avait belle allure, et rejoint par les adhérent-es de SUD éducation 59/62 réuni-es en AG sur Lille ce jour-là.

Selon nos sources, cette mobilisation est victorieuse :
le rectorat renonce à cette suppression de poste ! La lutte a payé...

Trop c’est trop !

mercredi 25 mars 2015

Le service social de l’éducation EN GRÈVE LE 2 AVRIL !(Communiqué intersyndical du 18 mars 2015)

La laïcité : un combat permanent

lundi 11 février 2013

Les écoles privées sous contrat scolarisent 18% des élèves, pourtant ces 5 dernières années l’enseignement public a supporté 96,6% des suppressions de postes contre 5% pour le privé. Le secrétaire national de l’enseignement catholique, Eric Delabarre, affirmait que l’on pourrait encore supprimer des postes, pourtant il ne propose d’en restituer aucun à l’école publique et en demande 5100 dans le calendrier pluriannuel annoncé par M. Peillon !
Le thème de la laïcité a tout simplement été oublié lors des concertations sur « la refondation de l’école », en revanche les représentants de l’enseignement catholique n’ont pas manqué d’être invités. Ainsi, l’État a, d’une part, donné priorité à un culte aux détriment des autres, et il a d’autre part ouvertement invité une église à participer à une réflexion sur l’école de la République. Pas étonnant après qu’Eric Delabarre (toujours le même) se
permette de ne pas respecter son devoir de neutralité lors du débat sur le mariage pour tous.
L’État, en assurant la rémunération des profs du privé, et les Collectivités Territoriales, en payant des forfaits pour le fonctionnement de ces écoles
(donc depuis la loi Debré de 1959 et ses multiples amendements), subventionnent donc largement l’enseignement privé sous contrat en contradiction avec la loi de 1905. Ces écoles, à la différence du
secteur public, perçoivent aussi des dons : 66% de leur montant sont un manque à gagner pour le fisc.
L’Observatoire de la Laïcité Scolaire en Haute Normandie a interrogé plusieurs mairies sur les forfaits qu’elles versent et a ainsi constaté que beaucoup subventionnent des
écoles maternelles alors qu’elles n’y sont pas obligées par la loi et que par ailleurs le montant de ces forfaits est calculé de façon erronée. Le respect
des modes de calcul peut amener à réduire de moitié les sommes versées par les CT aux établissements sous contrat ! En ces temps d’AUSTÉRITÉ,
ce n’est pas un détail.

Elections TPE 2012 : Faîtes voter Solidaires

lundi 19 novembre 2012

Entre le 28 novembre et le 10 décembre 2012, tout-e-s les salarié-e-s des entreprises de moins de 11 personnes, ainsi que les salarié-es de particuliers, voteront pour dire quel syndicat doit défendre leurs intérêts… et contribueront à déterminer, dans chaque branche et globalement, quel syndicat est représentatif.

Ils et elles ont beau être près de 5 millions, ces salarié-es n’éliront pas de délégué-e-s pouvant les représenter, les défendre, les assister face à aux employeurs, contrairement à tout-es les autres travailleurs-euses. L’Union syndicale Solidaires a demandé, en vain, que ces élections ouvrent des droits nouveaux pour les salarié-es : ni le gouvernement Sarkozy, ni le gouvernement Hollande n’ont donné suite.

L’absence d’activité syndicale dans la majorité de ces secteurs, le fait que ces élections ne donnent aucun droit aux salarié-es concerné-es, l’absence de vote physique, sont autant d’éléments qui vont conduire à un taux d’abstention important.
Le rôle de chaque syndiqué-e Solidaires est déterminant : même pour celles et ceux qui travaillent dans la fonction publique, nous avons toutes et tous des ami-es, de la famille, des voisin-es, qui travaillent dans des entreprises de moins de 11 salarié-es ou qui sont salarié-es de particulier. Du matériel de campagne (tract, affiches, flyers) est disponible dans les Solidaires locaux : cette campagne de proximité, par chaque adhérent-e, sera essentielle pour réussir cette élection.

Les capitalistes nous coûtent cher

lundi 19 novembre 2012

Vous trouverez ici un lien contenant un quatre-pages de Solidaires à diffuser au maximum.

Enquête sur la souffrance au travail

lundi 19 novembre 2012

L’Observatoire Syndical de la Souffrance au Travail organise une grande enquête sur la souffrance au travail dans le but de dresser une cartographie de la souffrance au travail principalement dans la région 59/62.

Ce questionnaire nous aidera également à mieux lutter contre les mécanismes mis en oeuvre par ces modes de management et d’exploitation des salariès et contre la détérioration des conditions de travail.
Les réponses que vous fournirez à ce questionnaires sont totalement anonymes

Répondre à ce questionnaire ne prend que quelques minutes . Merci de nous les consacrer pour nous aider dans ce combat contre la souffrance au travail.

Nous vous remercions à l’avance de votre participation.