LA CASSE DU SERVICE PUBLIC SE POURSUIT DANS L’ACADEMIE DE LILLE !

mercredi 11 janvier 2006

Après les propos lénifiants sur « l’égalité des chances », la « discrimination positive » la réalité des moyens mis à disposition de notre académie par le Ministère fait tomber les masques : la rentrée 2006 se fera dans des conditions dégradées, une fois de plus. C’est toujours moins pour le service public d’éducation à Lille.

- forte baisse des postes aux concours : moins 15% pour les concours internes et externes dans le premier degré, de 30% à 50% de baisse des postes aux concours du second degré, ce qui se traduira par un déficit de 7 000 enseignants, CPE et Copsy à la rentrée 2007, les recrutements couvrant moins de la moitié des besoins générés par les départs à la retraite. Ce déficit s’ajoute à celui des années précédentes et ne tient pas compte de la hausse démographique que connaît le primaire depuis 2003.
- nouvelles suppressions de postes : elles touchent particulièrement le second degré (- 636 postes dans notre académie, soit 30 % du total). - 31 ETP d’emplois administratifs. Quant aux créations de postes, elles sont très en-deçà des besoins criants des établissements : 8 postes pour 1000 élèves supplémentaires dans le premier degré, 10 postes d’infirmières scolaires. Aucune annonce sur les assistants sociaux, le personnel de la vie scolaire.

Depuis la rentrée 1998, notre académie perd des emplois dans le second degré : il s’agit 3568 emplois au total dans le second degré, avec une accélération depuis la rentrée 2003 et de tristes records pour la rentrée 2005 (- 895) et pour celle qui se prépare (- 636). Le rectorat avance la baisse démographique (- 7300 élèves à la rentrée 2006), pour supprimer un poste pour 11 élèves en moins .
Dans le premier degré, l’augmentation des effectifs depuis 2003 (+ 4000) oblige le rectorat à utiliser un autre argument et c’est au nom de la « péréquation » que le premier degré perd 39 postes en trois ans.

Logique mathématique non, logique comptable oui ! Sous la pression des restrictions budgétaires qui frappent massivement les services publics et les emplois de fonctionnaires.
A ces suppressions d’emplois annoncées il faut ajouter les effets des redéploiements déjà inscrits comme le remplacement à l’interne (190 ETP), les retraits horaires en 5ème et 4ème (87 ETP) et la mise en œuvre de la réforme de l’éducation prioritaire ( par redéploiement de 113 ETP). Année après année, les ponctions se font plus lourdes, alors que la baisse démographique s’atténue. Nous contestons fermement le pseudo argument de l’équité, alors que toutes les académies souffrent de pénuries de moyens. Cette dégradation favorise la déscolarisation et le recours à l’enseignement privé et aux établissements belges.

Nous en connaissons tous les conséquences pour les élèves :
- des classes plus chargées
- la baisse de scolarisation des 2-3 ans
- le recul des heures en petits groupes
- une offre d’enseignement et des options réduites ainsi que des activités pédagogiques passées à la trappe (les TPE en terminales, des heures d’aide individualisée en seconde dans de nombreux lycées, le soutien scolaire en collège...) ;
- l’échec scolaire qui ne recule plus dans notre académie depuis la fin des années 90, comme en témoignent les résultats aux évaluations 1er degré et 6ème, les résultats aux examens, l’évolution de l’orientation au profit des formations courtes, le recul de la scolarisation... Les organisations rejettent la proposition de l’apprentissage à 14 ans et le recul inouï de la scolarité obligatoire.
- les souffrances et les tensions croissantes que cela engendre dans les établissements scolaires, dans une région où l’état d’urgence sociale devrait imposer la mobilisation de toutes les énergies et des services publics pour y répondre..
- Les difficultés de mise en oeuvre de la nouvelle loi sur le handicap, sans moyen supplémentaire, ne permettront pas une réelle scolarisation des élèves en situation de handicap dans le cadre d’une politique d’intégration.

Si le rectorat et le ministère ne renoncent pas à ces mesures, c’est bien l’ensemble des personnels qui sera touché et les conditions d’enseignement qui continueront à se dégrader. Ecoles primaires et maternelles, collèges, lycées, et lycées professionnels, tous les établissements sont concernés.
- de plus en plus de collègues sont touchés par des mesures de carte scolaire ou par des services partagés sur 2 ou 3 établissements, voire affectés en ZR alors que le volume d’heures sup dans leurs anciens établissements augmente, et que de nombreux contractuels et vacataires sont mis au chômage ;
- cette mobilité imposée dans un contexte de suppressions de postes réduit de façon spectaculaire les perspectives de mobilité choisie ;
- les conditions déjà très peu favorables pour le travail en équipe sont encore plus difficiles, de même que la pérennité de projets pourtant reconnus comme efficaces, cela ne facilite pas, tout particulièrement, la résorption des postes de direction vacants
la formation continue est de moins en moins un droit offert aux personnels et ceci s’aggrave par le manque de moyens en remplaçants
- les conditions de travail de chacun continuent de se dégrader, avec le sentiment de plus en plus insupportable de ne pas pouvoir exercer nos métiers de la façon la plus efficace, comme s’il s’agissait de nous convaincre de la fatalité de la difficulté scolaire, de pointer les difficultés du service public d’éducation, de focaliser tous les problèmes d’acquisition de la lecture sur la méthode globale, quand l’école privée sous contrat échappe aux restrictions budgétaires qui nous frappent !
- la précarité progresse et, avec elle, les agressions qu’elle rend plus faciles contre les TZR et les non titulaires, qu’ils soient enseignants ou personnels vie scolaire .

Loin de cette logique comptable de restrictions budgétaires, il faut exiger une politique ambitieuse qui offre à chaque élève des perspectives réelles d’élévation des connaissances et des qualifications. Cela doit passer notamment par la diminution du nombre d’élèves par classe, par l’allongement de la scolarité et une réelle mixité sociale. Ce sont d’autres choix qui s’imposent, traduits par des moyens à la hauteur des besoins indispensables à la réussite de tous les jeunes de la région Nord Pas de Calais.

Les personnels et les étudiants réunis en intersyndicale demandent donc :
- une présentation claire et complète des objectifs éducatifs de l’académie et de leur mise en œuvre à la rentrée 2006, pour l’ensemble des établissements et tout particulièrement en ce qui concerne l’enseignement prioritaire, qui représente une part importante des élèves scolarisés dans l’académie.
- le retrait immediat des propositions ministérielles qui viennent d’être faites et un abondement des moyens pour des créations à la hauteur des besoins réels de l’académie.

Toutes les organisations signataires appellent, à un rassemblement dès aujourd’hui à 14h30, place aux Bleuets à Lille pour protester contre les annonces de suppressions de l’emploi et la baisse des postes aux concours, et s’engagent à poursuivre l’action en cas de statu quo. La balle est dans le camp du ministère qui ne peut en rester aux annonces faites aujourd’hui.

A l’issue du CTPA Mme le Recteur s’est fait l’écho de l’intersyndicale et a contacté le cabinet du ministre pour demander l’abandon des mesures qui touchent l’académie. Face au refus de M. de Robien, l’intersyndicale appelle dores et déjà à une journée de grève le vendredi 20 janvier et à manifester à 14h30 à partir de la Porte de Paris à Lille.

Lille le 11 janvier 2006


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Brèves

LOI TRAVAIL : motion de censure

vendredi 13 mai 2016

Une motion de censure dite citoyenne a été lancée, et Solidaires appelle à la signer massivement : http://motiondecensure.fr.

Victoire au lycée Picasso

dimanche 29 mars 2015

Le lycée Pablo Picasso d’Avion s’était fortement et unitairement mobilisé suite à l’annonce de la perte d’un demi-poste de CPE - alors que la situation du lycée rendait aberrante cette suppression décidée brutalement par le rectorat.

Les élèves et les personnels soutenu-es par l’intersyndicale CGT - SNES - SUD se sont notamment rassemblé-es devant le rectorat le jeudi 19 mars.

Un rassemblement qui avait belle allure, et rejoint par les adhérent-es de SUD éducation 59/62 réuni-es en AG sur Lille ce jour-là.

Selon nos sources, cette mobilisation est victorieuse :
le rectorat renonce à cette suppression de poste ! La lutte a payé...

Trop c’est trop !

mercredi 25 mars 2015

Le service social de l’éducation EN GRÈVE LE 2 AVRIL !(Communiqué intersyndical du 18 mars 2015)

La laïcité : un combat permanent

lundi 11 février 2013

Les écoles privées sous contrat scolarisent 18% des élèves, pourtant ces 5 dernières années l’enseignement public a supporté 96,6% des suppressions de postes contre 5% pour le privé. Le secrétaire national de l’enseignement catholique, Eric Delabarre, affirmait que l’on pourrait encore supprimer des postes, pourtant il ne propose d’en restituer aucun à l’école publique et en demande 5100 dans le calendrier pluriannuel annoncé par M. Peillon !
Le thème de la laïcité a tout simplement été oublié lors des concertations sur « la refondation de l’école », en revanche les représentants de l’enseignement catholique n’ont pas manqué d’être invités. Ainsi, l’État a, d’une part, donné priorité à un culte aux détriment des autres, et il a d’autre part ouvertement invité une église à participer à une réflexion sur l’école de la République. Pas étonnant après qu’Eric Delabarre (toujours le même) se
permette de ne pas respecter son devoir de neutralité lors du débat sur le mariage pour tous.
L’État, en assurant la rémunération des profs du privé, et les Collectivités Territoriales, en payant des forfaits pour le fonctionnement de ces écoles
(donc depuis la loi Debré de 1959 et ses multiples amendements), subventionnent donc largement l’enseignement privé sous contrat en contradiction avec la loi de 1905. Ces écoles, à la différence du
secteur public, perçoivent aussi des dons : 66% de leur montant sont un manque à gagner pour le fisc.
L’Observatoire de la Laïcité Scolaire en Haute Normandie a interrogé plusieurs mairies sur les forfaits qu’elles versent et a ainsi constaté que beaucoup subventionnent des
écoles maternelles alors qu’elles n’y sont pas obligées par la loi et que par ailleurs le montant de ces forfaits est calculé de façon erronée. Le respect
des modes de calcul peut amener à réduire de moitié les sommes versées par les CT aux établissements sous contrat ! En ces temps d’AUSTÉRITÉ,
ce n’est pas un détail.

Elections TPE 2012 : Faîtes voter Solidaires

lundi 19 novembre 2012

Entre le 28 novembre et le 10 décembre 2012, tout-e-s les salarié-e-s des entreprises de moins de 11 personnes, ainsi que les salarié-es de particuliers, voteront pour dire quel syndicat doit défendre leurs intérêts… et contribueront à déterminer, dans chaque branche et globalement, quel syndicat est représentatif.

Ils et elles ont beau être près de 5 millions, ces salarié-es n’éliront pas de délégué-e-s pouvant les représenter, les défendre, les assister face à aux employeurs, contrairement à tout-es les autres travailleurs-euses. L’Union syndicale Solidaires a demandé, en vain, que ces élections ouvrent des droits nouveaux pour les salarié-es : ni le gouvernement Sarkozy, ni le gouvernement Hollande n’ont donné suite.

L’absence d’activité syndicale dans la majorité de ces secteurs, le fait que ces élections ne donnent aucun droit aux salarié-es concerné-es, l’absence de vote physique, sont autant d’éléments qui vont conduire à un taux d’abstention important.
Le rôle de chaque syndiqué-e Solidaires est déterminant : même pour celles et ceux qui travaillent dans la fonction publique, nous avons toutes et tous des ami-es, de la famille, des voisin-es, qui travaillent dans des entreprises de moins de 11 salarié-es ou qui sont salarié-es de particulier. Du matériel de campagne (tract, affiches, flyers) est disponible dans les Solidaires locaux : cette campagne de proximité, par chaque adhérent-e, sera essentielle pour réussir cette élection.

Les capitalistes nous coûtent cher

lundi 19 novembre 2012

Vous trouverez ici un lien contenant un quatre-pages de Solidaires à diffuser au maximum.

Enquête sur la souffrance au travail

lundi 19 novembre 2012

L’Observatoire Syndical de la Souffrance au Travail organise une grande enquête sur la souffrance au travail dans le but de dresser une cartographie de la souffrance au travail principalement dans la région 59/62.

Ce questionnaire nous aidera également à mieux lutter contre les mécanismes mis en oeuvre par ces modes de management et d’exploitation des salariès et contre la détérioration des conditions de travail.
Les réponses que vous fournirez à ce questionnaires sont totalement anonymes

Répondre à ce questionnaire ne prend que quelques minutes . Merci de nous les consacrer pour nous aider dans ce combat contre la souffrance au travail.

Nous vous remercions à l’avance de votre participation.