2007, la casse continue

mardi 16 janvier 2007

Si les décrets de 1950 dans leur forme actuelle ne sont pas garants des meilleures conditions de travail pour les enseignants, leur réforme ne fera qu’aggraver la situation.

Malgré les dénégations du gouvernement, la réforme s’inscrit dans une pure logique doctrinaire de dérégulation et de casse du service public d’éducation. Si la suppression d’heures de décharge de service est l’aspect le plus médiatisé de cette réforme, celle-ci contient bon nombre de propositions encore plus dangereuses.

Avec la mise en place de la bivalence, elle introduit d’abord une plus grande flexibilité. Celle-ci était déjà apparue avec la création d’une mention complémentaire pour certains CAPES permettant aux futurs professeurs d’enseigner deux matières contre rétribution supplémentaire. On sait ce qu’il est advenu l’an dernier : seuls 33 admis en France pour cette mention. En dépit de cet échec, elle est systématisée dans la réforme des décrets de 1950. Comme d’habitude pour s’assurer quelques succès et parallèlement à l’absence de progression du pouvoir d’achat des enseignants, le gouvernement propose cela avec des primes. Evidemment, la bivalence n’est pas réservée aux jeunes titulaires, les anciens peuvent se porter volontaires là aussi contre rétribution, il va sans dire. Quoi qu’il en soit, cela alourdira les charges de travail et surtout permettra aux chefs d’établissements, d’ailleurs très discrets sur cette réforme. Et pour cause : ils sont les seuls gagnants à flexibiliser nos emplois du temps. Il est facile d’imaginer les pressions : il vous manque trois heures dans votre service, soit vous devenez bivalents, soit vous êtes victime d’une carte scolaire.

Toujours pour la flexibilité, les actuels décrets prévoient la possibilité d’assurer un complément de service dans un autre établissement de la même commune, la réforme va plus loin : deux, trois établissements, pas forcément dans des communes limitrophes, pas forcément dans la même matière. Le but est clair : encore une fois flexibiliser la main d’œuvre, assouplir les emplois du temps.

Les premiers touchés par ces réformes sont les TZR qui servent systématiquement de cobayes pour toutes ces réformes. Cela s’aggrave encore avec la possibilité de remplacer dans toutes matières possibles et imaginables.

Evidemment nous ne saurions taire les suppressions de décharges. Nous ne nous arquebouterons pas sur des revendications corporatistes, il n’empêche que cela va augmenter le temps de travail à l’inverse de ce que toute société devrait proposer à ses membres. Il faut surtout dénoncer à travers ces réductions, les suppressions de postes qu’elles engendrent : autant d’étudiants non recrutés, autant de collègues sans poste, autant d’adultes en moins dans les établissements. Cela représente plus de 3500 postes « économisés » en France dont 212 dans l’académie de Lille. Qu’on s’interroge aussi sur la méthode de concertation : ces économies ont été fixées dans le projet de budget 2007 depuis plusieurs mois avant même que la réforme n’ait été adoptée,

A ces économies d’échelle, ou plutôt « calibrage » qui est l’expression consacrée dans le projet de budget et dans les discours des recteurs, s’ajoutent les suppressions dues officiellement à la baisse démographique : 452 ETP (équivalent temps plein) dans l’académie de Lille sur les 2002 en France dans le second degré. Ces 452 ETP se traduiront au bas mot par 600 postes supprimés. En contre partie le premier degré recevra ... 2 postes ! On imagine toutes les conséquences : effectifs de classe en hausse, de plus en plus de TZR sans poste qu’on force au reclassement comme documentaliste par exemple...

Qu’on se rassure, il y a bien une loi appliquée en France la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) qui fixe des objectifs de réduction des coûts drastiques de la masse salariale, Pour cela pas de soucis le gouvernement veille sur nous.

Surtout de la réforme des décrets de 1950 aux suppressions de postes, ces mesures cadrent parfaitement avec le dogmatisme européen « d’efficacité » des services publics et le credo faire mieux avec moins. Il s’agit là d’une seule et même politique délibérée et organisée. Tous ces combats sont liés et il faut se mobiliser en masse de la maternelle à l’université dans les semaines à venir pour enrayer cette politique globale de casse du service public d’éducation.


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