Travailler plus pour perdre beaucoup…

vendredi 9 novembre 2007

Les vagues de suppressions de postes qui se succèdent depuis des années, particulièrement dans notre académie, s’accompagnent d’une augmentation constante des heures supplémentaires. Sud éducation 59/62 dénonce le recours massif aux heures supplémentaires et ce pour plusieurs raisons :
- les enseignant-e-s du secondaire, dont le service devant élèves est de 18 heures, savent que cet horaire est amplement suffisant pour mener à bien leur mission d’enseignement. Accepter d’assurer des heures supplémentaires n’est pas la marque d’un quelconque « mérite » mais nuit au contraire à la qualité de l’enseignement ;
- dans un contexte de mise en concurrence des établissements et de renforcement des pouvoirs de la direction, accepter des heures supplémentaires revient à devenir complice du « chantage au salaire » et de la stratégie du « diviser pour mieux régner » qui fragilise tous les personnels ;
- l’intention affichée du gouvernement d’opérer des coupes sombres dans les budgets de la fonction publique passe logiquement par l’allongement du temps de travail des enseignant-e-s. Devant la quasi-systématisation des heures supplémentaires, Nicolas Sarkozy et son ministre auront bientôt beau jeu d’aligner les services de tou-te-s les collègues sur celui des pseudo « stakhanovistes » qui privilégient leurs revenus à la qualité de leur enseignement ;
- l’acceptation des heures supplémentaires a évidemment une incidence néfaste sur l’emploi. Chacun peut aisément faire le calcul du nombre de postes statutaires qui peuvent être créés dans chaque établissement lorsque les heures supplémentaires sont collectivement refusées. Les heures supplémentaires défiscalisées à la mode Sarkozy vont aggraver les conséquences de ce cercle vicieux puisqu’elles creuseront encore davantage l’écart entre dépenses publiques et recettes fiscales et pourront ainsi « justifier » des suppressions d’emplois publics ou des augmentations de dépenses pour tous les assurés sociaux. Le projet d’instauration d’une franchise médicale est une des illustrations de ce mécanisme pervers.
L’explosion des heures supplémentaires n’a pourtant rien d’une fatalité. Le décret 50-583 du 25/05/1950 précise que 2 heures supplémentaires peuvent être imposées aux enseignant-e-s. Depuis 1999 (décret du 10/10/1999), cette obligation est passée à 1 heure, voire aucune dans certains cas : préparation à l’agrégation, mère ayant des enfants en bas âge, candidat-e-s aux concours de recrutement de la fonction publique, temps partiel, etc. À l’université, aucune heure supplémentaire ne peut être imposée. Les enseignant-e-s ont donc parfaitement le droit, voire le devoir, dans le cadre des décrets cités, de refuser des heures supplémentaires.


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