Soutenons les précaires, pas la précarité.

dimanche 7 septembre 2008

Cette année encore pourrait être noire pour les précaires. Nombre de contrats signés sous les auspices du plan Borloo (CAV et CAE) arrivent à échéance et celles et ceux qui les ont subis seront balancés comme de vieilles chaussettes. Aucun EVS relevant du RMI n’a été reconduit dans le Pas- de-Calais et ceux du Nord ne l’ont été qu’à la dernière minute. Les conseils généraux qui gèrent le RMI prétendent qu’ils ont été arnaqués lors de la décentralisation puisque l’État s’est défaussé sur eux sans transférer les fonds. Certes, mais aussi bien l’État que les collectivités territoriales ont bien profité de cette main-d’oeuvre bon marché sans mettre beaucoup d’argent dans la formation pourtant promise. En terme de pressurisation, rappelons que les assistant-e-s pédagogiques (bien souvent utilisés comme des profs pas chers) pourront être recrutés à plein temps en assurant aussi des tâches jusqu’alors réservées aux assistant-e-s d’éducation. Enfin, Sarko et ses ministres se la jouent « social » en proposant de financer le RSA par une taxe sur les placements. C’est nous faire oublier un peu vite le paquet fiscal ! Quant au RSA en tant que tel, certes il permet peut-être de garantir les revenus des allocataires des minima sociaux ayant signé un contrat précaire, mais il rend le travail obligatoire pour les chômeurs/ses, garantissant de la sorte des cohortes de travailleurs/ses pauvres et flexibles.

Cette liste pourrait couper les jambes de celles et ceux qui veulent se battre. Pourtant, c’est la lutte de nombreux collectifs d’EVS qui a permis que des contrats soient renouvelés dans plusieurs départements. En Guyane, les enseignant-e-s non titulaires représentent près de 25 % des effectifs et bientôt plus de 30 %. Par la lutte, ils ont obtenu de nettes augmentations de salaires notamment par la prise en compte de leur ancienneté alors que les revenus des précaires sont la plupart du temps bloqués sur l’indice correspondant à l’échelon 1 du corps. Bien sûr, leur première revendication, relayée par SUD éducation Guyane, était la titularisation et les autorités n’ont pas cédé sur ce point. Il n’empêche qu’un nouveau rapport de force a été établi. Les luttes de demain pourraient donc apporter encore plus.

Ces combats doivent nous rappeler que la précarité n’est pas une fatalité. Sur nos lieux de travail, soutenons activement les plus précaires (information sur les droits, pression sur les administrations, les collectivités territoriales, les ANPE...) La lutte contre la précarité, c’est aussi se battre contre le futur que nous promettent l’État et le patronat. Multiplions les collectifs de précaires, imposons aux autorités, aux collègues, aux organisations syndicales leur présence et leurs revendications. À la prolifération des contrats et à la concurrence entre les individu-e-s, répondons par la solidarité et la convergence des luttes.


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