Criminalisation des luttes sociales :

mercredi 9 septembre 2009
par  permanence

L’État accompagne la destruction des acquis sociaux et du service public d’une lourde répression à l’encontre de celles et ceux qui résistent à cette politique. Les procès se multiplient, les sanctions, parfois lourdes, tombent. Ainsi, le 1er septembre, 7 salariés de Goodyear ont été condamnés à plusieurs mois de prisons avec sursis pour s’être battus contre le plan de licenciement et ils risquent de lourdes amendes au civil. En Nouvelle-Calédonie, Gérard Jodar de l’USTKS croupit en prison pour une action de soutien à une salariée injustement licenciée (même la justice le dit). On pourrait encore multiplier les exemples récents qui permettent à L’État de terroriser les victimes de la casse sociale tout en désorganisant celles et ceux qui luttent. Cette répression est facilitée par plusieurs facteurs, une presse aux ordres qui invente des procédés violents (dont la fameuse séquestration de patrons) là où il n’y a que des méthodes anciennes pour établir un rapport de force. C’est oublier que la lutte de classe n’a jamais été un dîner de gala ! L’autre facteur est l’absence de réponse collective du mouvement social. Les actions sont isolées et les nécessités de médiatisation du combat poussent à les rendre spectaculaires. Il est alors facile pour l’État et une justice aux ordres de frapper, même quand la police, flash balls et tonfas aux poings, a déjà fait le sale travail. À ce rythme, l’État peut même se montrer rancunier. Ainsi Delphine Prudhomme, enseignante, membre du LKP, co-secrétaire académique du SNES-Guadeloupe, est aujourd’hui poursuivie par le rectorat pour son activité militante et pour ses idées.

Comme on peut le voir avec le dernier cas, l’éducation nationale n’est pas en reste quoi que de manière un peu différente. Cet été, plusieurs collègues du premier degré passaient en conseil de discipline pour avoir refusé d’appliquer des ordres ministériels stupides comme la pseudo aide indidualisée décriée par tous les professionnel-les de l’éducation. De lourds retraits sur salaires ont déjà été effectués, de manière arbitraire évidemment. Danielle Tosi et Erwan Redon, ont comparu devant les instances administratives sous la menace de licenciement pour... insuffisance professionnelle. Pour le moment, cette sanction a été écartée. Alain Refalo, en plus de 19 jours de retrait de salaire pour ce même motif, se voit encore attaqué au porte-monnaie en étant rétrogradé d’échelon (précisons qu’ordre lui a été donné de se taire désormais). Bastien Cazals, ainsi qu’une de ses collègues de l’Hérault, ont été exclus de leur charge de directeur/rice d’école pour avoir refusé de renseigner la base élève, cet outil de flicage des enfants... La répression administrative ne touche pas seulement les personnels de l’éducation ; combien d’élèves ont été sanctionnés par des conseils de discipline pour leur participation au mouvement lycéen, quand on n’exige pas d’eux l’engagement de ne plus lutter pour ne pas être exclus ? Enfin les flics et la justice peuvent aussi être de la partie. Des enseignant-es ont été inquiétés pour avoir soutenu des élèves et leurs parents sans papiers, cet été, deux étudiants de Perpignan, ont été condamnés à de lourdes amendes (et menacés de prison avec sursis) pour leur action lors du mouvement de 2007 après avoir subi un contrôle judiciaire kafkaien... De la sorte, l’État entend détruire toute possibilité de rapport de force en rappelant qu’un-e fonctionnaire ou un élève, ça ferme sa gueule et que ça obéit.

Pourtant, on a vu aussi que face à ces « procès politiques », la solidarité pouvait faire reculer les juges. Le Tribunal Administratif a, par exemple, enjoint le rectorat de Montpellier à rembourser à Bastien Cazals les prélèvements iniques, même si les autorités académiques revenchardes veulent les remettre sur le tapis. E. Redon et D. Tosi ont évité le pire malgré la haine d’un recteur qui « voulait se les faire » avant de partir à la retraite... De plus, malgré la répression, on a vu que les actions de résistance étaient de moins en moins isolées et, qu’au contraire, elles se fédéraient. C’est par la convergence de nos luttes, la mise en place d’un véritable rapport de force et la construction d’un mouvement de grève générale que nous pourrons imposer et nos règles et nos revendications. Accepter le pseudo dialogue social compassé, c’est céder à la tactique de nos adversaires. C’est pourquoi nous continuerons à appeler et à soutenir les actions de résistance car elles sont des étapes et un moyen indispensables pour un véritable changement social.


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