Déclinez votre identité nationale...

mercredi 9 décembre 2009

On casse le collectif, on individualise, on tape sur les plus faibles, on réprime, on bafoue les droits, on nomme des boucs émissaires, on ghettoïse, on exploite... et on s’étonne, on monte en épingle et on arrive à ça : un « grand débat » sur « l’identité nationale ».

Au-delà de la stratégie électorale, les relents nationalo-chauvins fondés sur une peur entretenue par des sentiments xénophobes sont remis sur le devant de la scène.

Et cela sent mauvais. Ne serait-ce qu’énoncer ce concept « d’identité nationale » sous-entend forcément qu’il y en aurait une. Or qu’en est-il ? Des valeurs communes ? Des pratiques communes ? Des territoires communs ? Des institutions communes ? Des lois communes ? Du sang commun ?

Même si nier des spécificités communes à la société française serait faire preuve d’aveuglement, de la Guadeloupe à la Réunion en passant par la Bretagne et l’Arrageois, des ouvriers aux grands bourgeois, des électeurs lambda au chef de l’État, des titulaires de la nationalité française aux sans-papiers, peut-on vraiment parler d’identité nationale ?

Bien sûr on va nous dire qu’elle est multiple, on nous sortira sûrement démocratie, république, droits de l’homme, Marseillaise, terroir, cuisine, équipe de France de football et Johnny Halliday. De grandes idées pour mieux les bafouer et des lieux communs pour mieux nous soumettre.

Car la définition de l’identité nationale que va nous sortir de son chapeau le gouvernement sans avoir consulté aucun scientifique sera un carcan sclérosé, figé, dont tout réfractaire sera l’étranger, le suspect, le mouton noir, le mauvais Français. Une machine à exclure ou asservir. On ne veut voir qu’une seule tête. Et pâle si possible.

Si on ajoute que, pour Sarkozy, être pédophile ou délinquant, c’est génétique et qu’on aime la France ou on la quitte, le débat (que Luc Chatel veut instaurer dans les écoles) fleure bon la vichyssoise.

On ne va pas vous faire ici un cours d’histoire des migrations et des échanges, des guerres et des frontières qui sont à abattre mais nous tenons à rappeler que, pour SUD éducation, ce débat malsain est à l’encontre des valeurs d’émancipation que nous défendons, seules à même de réinventer un autre possible.

Car même si nous avons des ressemblances, chaque être humain est unique. Et nous avons sûrement plus de points communs avec un militant des droits de l’homme birman qu’avec un militant du Front National. Alors, à bas toutes les frontières (physiques, culturelles ou mentales), à bas tous les chauvinismes et vive la liberté.


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