OPA de l’entreprise sur le Lycée Professionnel

vendredi 30 avril 2010

Dans un contexte de réformes des lycées à tout va, la rénovation de la voie professionnelle semble déjà appartenir au passé... Or, si on analyse l’évolution actuelle, il est assez flagrant que l’entreprise est en train de coloniser le LP jusqu’à la moelle. De par sa spécificité, le lycée professionnel a toujours travaillé avec l’entreprise qui accueille les élèves en stage et a une grande part dans l’évaluation et l’obtention
du diplôme, qu’il s’agisse d’un CAP, du défunt BEP ou d’un Bac pro. Mais
jusqu’à présent, le rôle de chacun était bien délimité et il existait quelque chose qui s’appelait la liberté pédagogique. Depuis l’adoption de la loi d’autonomie des établissements, la concurrence s’exacerbe et la recherche de sponsors s’amplifie. La plupart des diplômes vont se passer en Contrôle en Cours de Formation, par soucis d’économie certes, mais aussi parce que « le CCF permet notamment une réelle prise en compte de la formation reçue en entreprise ». Les textes précisent que « les professionnels sont associés aux différentes situations d’évaluation, en amont sur ce qui caractérise les situations d’évaluations envisagées... puis en final à l’évaluation des candidat-e-s ». Mais le CCF permet aussi d’évaluer de plus en plus des compétences distinctes et de moins en moins des savoirs ou des savoir-faire. Cette approche par compétences utilitariste a pour volonté essentielle
d’orienter l’enseignement vers la vie de l’entreprise. D’ailleurs, dans les référentiels et autres textes, la culture d’entreprise commence à être la seule valide. Les nouveaux manuels, conformes aux objectifs du Bac
pro 3 ans, accoutument les élèves à travailler par missions et par objectifs. Il manquait néanmoins un maillon que le conseil pédagogique fournit puisque le chef d’établissement choisit ses membres parmi « les personnels volontaires [...] et peut entendre toute personne dont la consultation est jugée utile en fonction des sujets traités et des caractéristiques de l’établissement ». Donc n’importe quel professionnel du coin va pouvoir venir se mêler de ce que l’on fait en cours, voire nous dire ce que l’on doit faire. Mais aussi, instrument de gestion des ressources humaines dans l’esprit du libéralisme, ce conseil pédagogique
va décider de nos postes ou même de nos éventuels licenciements. Et quand on connait les prérogatives de ce fameux conseil en matière de choix pédagogique et d’évaluation il y a de quoi frémir, surtout si l’on conjugue cela à la volonté d’explosion exponentielle des lycées de métiers. Si avec ça, on ne leur fabrique pas leurs futurs employé-es (employables) bien flexibles et soumis, c’est vraiment qu’on sera tombé au dernier degré d’incompétence. L’école MacDo, on en rêvait, on y est ! Et le LP de demain fait froid dans le dos. Alors, démission ou résistance ?


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